Entretien avec le chef cuisinier et entrepreneur Abdel Alaoui

Entre les grandes cuisines parisiennes et les plats traditionnels marocains, le chef Abdel Alaoui a réussi à créer le parfait mélange pour une cuisine marocaine authentique et raffinée.

CUISINE

2/2/2023

Abdel Alaoui est un chef franco-marocain né en 1979 à Oujda. Il est arrivé en France avec ses parents à l'âge de deux ans et s'est rapidement passionné par la cuisine grâce à sa maman.

Il se fait tout d'abord connaître sur Canal + avec une rubrique culinaire dans l'émission hebdomadaire « L'Émission spéciale » et dernièrement sur Europe 1 dans l'émission « Bien fait pour vous » aux côtés de Julia Vignali et Mélanie Gomez.

Maison Choukrane : On t'a vu dans le reportage Bons Baisers du bled sur France Tv, évoquant le trajet des vacances pour le bled. Comment ta participation s'est faite et as-tu d'autres projets dans cette thématique ?

Abdel : J'ai réalisé une interview avec Brut sur le sandwich que j'ai créé : le kazdal. Il y a tout une histoire derrière ce fameux kazdal, un msemen avec de la kefta dedans. C'est mon père qui nous faisait ce sandwich quand on faisait le trajet pour le Maroc. La réalisatrice est tombée sur cette vidéo et m'a donc contacté et c'était évident que j'y participe. 

J'ai décidé de réaliser un long-métrage sur cette traversée à voiture puis en bateau. De Paris à Oujda en passant par l'Espagne et la Méditerranée. J'espère commencer le tournage dans 2 ans.

MC : Quel a été le cheminement pour ton livre Choukrane ?

Abdel : La maison d'édition Marabout m'a appelé pour faire un livre sur la street-food dans sa globalité. On a échangé et je leur ai dit que je travaillais principalement sur la cuisine marocaine depuis 6 ans. C'est ce qui m'intéresse et c'est ce que j'aime développer. J'avais une idée d'appeler le livre Choukrane, c'est une manière pour moi de remercier ma mère, finalement toutes nos mères, nos tantes pour cette transmission de la cuisine. C'était important pour moi de venir apporter une touche d'actualité dans les recettes traditionnelles, apportant de la légèreté avec moins de sucre, moins de gras.

MC : Est-ce que tu penses que, culturellement, la cuisine va rester féminin ?

Abdel : C'est encore très féminin. Je suis une exception parce que la transmission se fait généralement de mère en fille. Il y a de plus en plus d'hommes chefs marocains. Ce qui est triste c'est que les hommes ont leur place dans les palaces / restaurants gastronomiques au Maroc alors les femmes restent les cuisinières à la maison. J'aimerais bien sûr voir davantage de femmes devenir cheffes, à la tête de grands restaurants.

MC : Tu travailles maintenant entre le Maroc et la France. Tu es consultant dans des restaurants, c'est ça ?

Abdel : Oui, je viens d'écrire la carte du Riad Monceau à Marrakech. J'y suis allé il y a un mois et j'y retourne dans quelques semaines pour terminer la carte. J'ai eu beaucoup de demandes de consulting ces dernières années mais je dois faire une sélection car je n'avais pas le temps de m'y consacrer pleinement et je n'étais pas prêt. Maintenant, je me rends compte qu'il y a une réelle clientèle au Maroc et une nouvelle demande. En France, j'ai écrit la carte du restaurant La Casbah, un restaurant dans le 11e arrondissement de Paris.

MC : Ton plat préféré marocain, algérien et tunisien ?

Abdel : En Tunisie, la fameuse brick à l'oeuf (petite mention pour leur harissa). J'ai présenté Top Chef en Algérie pendant 3 ans, j'ai donc eu la chance de découvrir leur cuisine traditionnelle. Je dirais chakhchoukha (ou aussi appelé rougueg) qui ressemble à rfissa. Et au Maroc, le couscous de ma mère

Finalement j'aime le couscous des trois pays.